Politique

Le Drian au Mali : Désaccord sur la négociation avec les Jihadistes ; accord sur les 95 milliards CFA d’appui au développement

 Le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères de la France était à Bamako le dimanche 25 octobre, pour une visite de 48 heures. Le lundi 26, Jean Yves Le Drian et le premier ministre Moctar Ouane ont animé un point de presse à la Primature. Au menu, des éclairages sur la position de la France par rapport à la gestion de la transition ; et la signature de 5 conventions entre le Mali et  l’Agence française de développement,  pour un montant de plus de 95 milliards de FCFA. 

Le premier ministre Moctar Ouane, dira que les priorités du Mali sont clairement définies dans la feuille de route de la transition. A ce sujet, dit – il, le gouvernement a établi un plan d’actions avec un chronogramme précis, pour chaque pilier. Il a cité la sécurité et la stabilité, les élections et les réformes nécessaires ou indispensables, la bonne gouvernance et la lutte contre l’impunité qui passent par le rétablissement de la justice.

Le PM ajoutera que les priorités du Mali sont nombreuses et que toutes ont été prises en compte.

Face à ces priorités, précise le premier ministre, il était important de procéder à une hiérarchisation.

Pour  la mise en œuvre de  l’accord pour la Paix et la réconciliation nationale, le premier ministre a réaffirmé la volonté du gouvernement à respecter tous ses engagements internationaux.

Il a souligné l’importance de l’accompagnement de la communauté internationale pour relancer le comité de suivi de l’accord, ou encore sa forte implication pour dépasser les difficultés liées à la mise en œuvre des processus de DDR.

Pour sa part, le ministre Le Drian a fait savoir que la Sécurité est un élément essentiel pour lutter contre le terrorisme. Pour cela, la France maintient le cap des résolutions, recommandations et engagements multilatéraux et bilatéraux, pris à PAU et à Nouakchott.

A ses dires, l’un des axes majeurs de la sécurité, reste le Renforcement des capacités militaires et sécuritaires des états du Sahel et du Mali en particulier.

Il reconnaît que des efforts ont déjà été faits sur ces deux piliers par la partie malienne.

Selon Jean Yves Le Drian, la France soutiendra également les aspects de développement, en attestent les différentes signatures d’accords financiers entre nos deux pays ; sans oublier le processus du retour de l’état et des forces de défense dans les régions sensibles du pays.

L’émissaire de la France rassure que son pays accompagnera les autorités de la transition à travers « la volonté des maliens de bâtir un Mali nouveau ».

Sur la question de la négociation avec les groupes dits terroristes, le Ministre Le Drian martela que la France, au regard des réalités maliennes, est prête à évoluer sur les négociations avec les groupes armés dissidents. Il a toutefois souligné que pour certains, au regard de leur idéologie, il serait difficile d’aller en négociation. C’est pourquoi le ministre Le Drian a encouragé le Mali d’engager des négociations avec les mouvements du Nord ; une démarche volontariste, que lui-même aurait initié pour s’inscrire dans une démarche plus globale, dit -il.

En réponse, le premier ministre Ouane dit inscrire cette volonté de dialogue dans la dynamique d’une volonté malienne, exprimée lors du Dialogue National Inclusif (DNI).

A cela il a ajouté que l’accord pour la paix et la réconciliation issue du processus d’Alger, donne la possibilité aux groupes armés dissidents de signer le cessez-le-feu et d’aller à la pacification du pays.

Cette disposition, précise Ouane, ne fait nullement de distinguo entre groupes terroristes. Cela veut tout simplement dire que le dialogue est possible avec tous les groupes, y compris ceux dont les doléances sont portées par une doctrine religieuse extrémiste.

Par ailleurs, les deux responsables ont signé 5 conventions pour un coût de plus de 92 milliards de nos francs.

Dans le détail, nous avons appris que près de 36,3 milliards de FCFA sont destinés à Energie Du Mali pour réduire les coûts de revient de l’énergie à la population.

Pour l’adduction d’eau potable, des villes comme Koulikoro, Ségou, San, Mopti-Sévaré, Bandiagara et Ménaka, disposeront d’une enveloppe de près de 19,8 milliards à travers la SOMAGEP.

Pour les projets d’autonomisation des femmes et le dividende démographique, une subvention de 6,6 milliards de FCFA, est prévue.

Les projets filets sociaux Jigisemeyiri bénéficieront d’une subvention de 6,6 milliards de FCFA.

Enfin, une ligne de crédit est accordée la Banque Nationale de Développement Agricole. Le montant est environ 26,4 milliards, assorti d’une subvention de 1,5 milliards de FCFA et d’une garantie de 2,3 milliards de FCFA.

M C

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