Édito - Il faut le dire

CNT : difficile délivrance pour le CNSP

Presqu’immédiatement après les concertations nationales, le CNSP a nommé le président de la transition le 21 septembre en la personne de Bah N’Daw, colonel-major à la retraite. Quatre jours après sa nomination, le 25 septembre, Bah N’Daw a été investi dans ses fonctions de président de Transition et deux jours après, le 27 septembre, le premier ministre a été nommé et le gouvernement de transition a été formé une semaine après, le 05 octobre. Tout semblait donc aller comme sur des roulettes pour le CNSP dans la mise en place des organes de transition. Classe politique et société civile semblaient tétanisées ; elles n’ont pu que constater qu’elles avaient été roulées. En effet, le CNSP ne leur a pas donné l’occasion d’influer sur la mise en place des deux premiers organes de transition : présidence et gouvernement. Et quid du 3ème organe ?

Remises de leurs surprises, classe politique et société civile, singulièrement le M5-RFP, multiplient points presse et déclarations pour fustiger le comportement de leur allié naturel. Même les partis qui rasaient les murs il y a quelques semaines se sont ragaillardis, les syndicats qui étaient aphones durant toute la durée de la crise sous le régime IBK, sont devenus plus bruyants et exigent du CNSP qu’ils épurent toutes les revendications qui sont en instance depuis des années. Ajouter à cela les cadres et fonctionnaires qui se sentent visés par les actions des organes et structures de lutte contre la corruption. Les administrateurs qui manifestent leur frustration par des arrêts de travail : ils reprochent au CNSP d’avoir fait libérer le chef de file de l’opposition sans se soucier de leurs camarades qui sont entre les mains des terroristes depuis belle lurette. Ajouter à cela l’insécurité qui n’est plus l’apanage des seules régions du nord et du centre, mais elle se propage également au sud et même à Bamako. Bref, on dirait que le CNSP agissait comme pour favoriser la coalition de tous les mécontents. C’est pourquoi, il n’est pas étonnant que la mise en place du 3ème organe de transition ne puisse se faire en catimini comme pour les autres. Il est obligé d’écouter tout le monde, qui plus est, la période de grâce est terminée et les maliens n’hésiteront pas à le tancer. La grande erreur qu’ait pu commettre le CNSP à notre sens, c’est de ne pas agir dans le sens de sa première déclaration faite à la place de l’indépendance, déclaration dans laquelle il disait n’avoir agi que pour parachever les actions du M5-RFP.  Comment le CNSP qui n’est pas un parti politique pourrait-il résoudre les problèmes politiques sans associer les politiques ?

Le CNT qui, à notre sens a une grande importance car c’est lui qui doit légiférer et examiner toutes les propositions de réformes institutionnelles. Il ne peut être mis en place sans un large consensus de toutes les forces vives de la nation. Nous pensons que le CNSP a pris conscience de son importance et c’est pourquoi, contrairement aux deux précédents organes de transition l’accouchement du 3ème organe, le Conseil National de Transition (CNT) par le CNSP demeure difficile

…sans rancune

Wamseru A. Asama

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