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Mise en place du CNT: Entre CNSP et M5 RFP, la guerre de tranchées se poursuit

Le peuple malien, depuis plus de trois mois, est dans l’attente de son nouvel organe législatif. Le Conseil National de la Transition, c’est de cet organe qu’il s’agit, reste encore la seule des structures à ne pas été installée. Pourtant, la transition n’a que 18 mois pour plier bagages. Les maliens s’impatientent

Face à ce timing, les maliens commencent à se poser des questions. Me Mamadou Ismael Konaté, ancien ministre de la justice, lors d’un entretien sur la radio Klédu, a appelé le CNSP à associer le peuple malien dans la composition du Conseil National de transition (CNT). Il précise : « chacun peut faire ce qu’il veut. Mais si on agit au nom des Maliens, il faut le faire en accord avec ce peuple-là. Même si on ne veut pas des hommes politiques dans le Comité national de transition, il faut les concerter pour sa mise en place. Il ne faut pas que cela se fasse à l’insu des hommes politiques ».

Pour Salif Bengali, journaliste, cet unilatéralisme de la junte n’est pas la solution pour un bon accouchement du CNT. Il dira que dans une lettre adressée au CNSP, le M5 RFP, sous la signature de Choguel Kokala MAIGA, membre influent du chef du comité stratégique, a fait savoir qu’il est prêt à travailler avec le CNSP mais à condition que le vice-président tienne compte des préoccupations du M5, indique le journaliste.

Le journaliste Bengali ajoute que le mouvement du 5 juin RFP s’estime floué lors de la nomination du président, du premier ministre et du gouvernement de la transition.

En tout cas, partout au Mali, les rumeurs accusent les militaires de vouloir s’emparer de la tête du CNT, à travers un des leurs, à savoir le Colonel Malick Diaw. Cela n’est évidemment pas du goût du M5 RFP, qui continue de dénoncer la manière dont les quotas ont été fixés et attribués.

Choguel Kokalla Maiga, président du comité stratégique du M5-Rfp, dit : « Cet organe législatif va être composé de personnes non représentatives, des personnes sans crédibilité, des personnes choisies à partir des manœuvres de la fraude et de la malice…C’est pour cela que le M5-Rfp a dit clairement qu’il ne désignera pas quelqu’un. Il met en garde les autorités également à ne pas choisir quelqu’un pour dire qu’il est du M5-Rfp. » 

La Convergence pour le développement du Mali (CODEM), opte pour un non reconnaissance du CNT.

Le parti Yelema de Moussa Mara précise qu’il ne siégera pas au sein du CNT pour une tout autre raison.

Drissa Camara, enseignant, a déclaré que beaucoup de maliens pensent que le M5 RFP est dans la dynamique de faire porter une camisole de force à la junte.

Cependant, il dira que le M5 RFP n’est plus comme avant, à cause de toutes les divisions  et conflits à l’interne qui le fragilisent au jour le jour. Conséquences, le M5 RFP est dans une incohérence totale avec plusieurs de ces cadres qui ont accepté de déposer leurs dossiers pour siéger au sein du CNT.

 Aux dires de la juriste Salimata Coulibaly, les militaires sont venus au pouvoir par coup d’état. Ils doivent chercher la légitimité en reposant leur pouvoir sur un socle légal.

Pour ce faire, ajoute la jeune dame, les militaires doivent rassembler tous les acteurs sociopolitiques autour de l’essentiel, qui est la gestion de la transition.  C’est la clé pour que la transition soit couronnée de succès, dit – elle.

M C

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