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Le Mali de la politique du chaos.

Bientôt, une décennie que notre pays est dans une série de tourmentes, de ruptures, expressions réelles de malaises causés par les politiques du chaos entreprises par les différentes équipes qui l’ont géré depuis dix ans. Et, à chaque rupture, espérant que cette fois-ci sera la bonne, les maliens accompagnent avec enthousiasme, l’homme (ou l’équipe) du jour dans l’espoir d’un vrai changement. Hélas, les fruits n’ont jamais tenu la promesse des fleurs et le peuple constate trop tard et avec regret, qu’il a été floué et qu’il n’a été que le dindon de la farce.

Pour ne pas devoir remuer le couteau dans la plaie en voulant rappeler Ibrahim Boubacar Keïta une des plus grandes déceptions que l’histoire du Mali contemporain retiendra sans doute, pour la majorité des maliens, contentons-nous de parler de l’actualité, c’est-à-dire du Comité National de Salut Public (CNSP), l’équipe actuelle qui préside aux destinées du pays.

Le CNSP avait donné l’espoir au peuple en donnant le coup de grâce au régime IBK, agonisant suite à la mobilisation populaire dirigée par le M5 – RFP, puis en organisant la Concertation Nationale (CN), dont l’ultime objectif était de fixer les règles qui devraient nous conduire à une transition nationale réussie. Mais qu’a-t-on constaté ? D’abord, le premier couac fut la désignation des délégués à cette Concertation Nationale. Elle s’est faite dans un désordre indicible. En amont, il n’y a pas eu de consultations des forces vives et notamment les animateurs du M5 -RFP, mouvement populaire dont l’action salvatrice a donné le courage et l’opportunité aux jeunes officiers de se constituer en CNSP et d’entrer en action. Ensuite au cours de la Concertation Nationale, plusieurs tentatives manifestes d’influer et d’orienter les débats ont été observées, amenant les quelques délégués avisés à protester et à dénoncer l’attitude des organisateurs de cette CN : hélas, les dés étaient pipés et on a assisté à des résolutions bancales inachevées. C’est ainsi, qu’on n’a pas permis aux délégués de statuer sur le mode et les critères de désignation des membres du Conseil National de Transition (CNT). Qu’à cela ne tienne, malgré ces impairs, la majorité des maliens accordaient encore aux jeunes officiers du CNSP leur confiance dans l’espoir que « les erreurs » qu’ils commettaient étaient dues à leur inexpérience en matière de gestion politique. Mais l’espoir, de leurs plus fidèles partisans sera déçu non seulement par la désignation du président de la transition et du premier ministre, mais surtout par la nomination des membres du CNT, sans compter la désignation de plusieurs militaires à des postes de bureaucratie dans un pays en guerre où la priorité des priorités reste d’assurer la sécurité des personnes et des biens. 

Jusqu’ici, ni le CNSP ni les organes de transition qu’il a mis en place, n’ont posé d’actes forts, montrant au peuple malien leur rupture par rapport à la gestion antérieure de l’état. Au contraire, on exacerbe inutilement les conflits sociaux, on menace la presse, on prend des mesures inadaptées dans la lutte contre la COVID 19 etc. Alors, ils sont de plus en plus nombreux des maliens qui restent dubitatifs quant en leur volonté et en leur capacité de mener à bien cette transition.

… sans rancune

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