Édito - Il faut le dire

Quel Mali dans un futur proche ?

Après les  1O ans du régime Adémiste, les derniers élections législatives et présidentielles ont  créé une situation politique inédite : un candidat non apparenté à quelque parti que ce soit s’est retrouvé à la tête de l’Etat, avec le soutien quasi-unanime de toutes les formations politiques de la place, comme si le parti sortant avait une peur maladive de se retrouver éjecté de la sphère du pouvoir, comme si les  partis de l’ancienne opposition voulaient se rattraper à tout prix de leur auto-mise en réserve de la République de 1O ans qui les avait éloignés de cette même sphère du pouvoir ! » Ceci est un extrait du Manifeste pour la Démocratie publié par « Association Démocratie et Justice (ADJ) du professeur Abdoulaye Traoré dit Diop, en juin 2006 et qui avait à l’époque obtenu près de 4 000 signataires. Le manifeste pour la démocratie, faisait ce constat amer : « En d’autres termes, les partis politiques n’ont aujourd’hui qu’une existence virtuelle   dans notre pays, car ne jouant qu’un rôle de faire-valoir dans la gestion de l’État, … »

Quinze (15) ans (2006-2021) après sa publication, le manifeste pour la démocratie de l’ADJ, association créée par des militants de divers partis politiques et d’autres citoyens, demeure plus qu’actuelle (lire le manifeste en page…). Aujourd’hui, comme en 2006, disons plus qu’en 2006, les responsables des partis politiques pensent que leur salut ne viendra que dans leur allégeance envers les autorités en place. Ils ignorent superbement leurs militants et les instances de leurs partis. Même les responsables des partis qualifiés «de grands » ou « d’importants » s’adonnent à cette gymnastique courtisane des « hommes forts » de la transition. Cela dénote que nos responsables des partis n’ont aucune conviction sinon que de vouloir être au pouvoir quel qu’en soit le prix. Le débat politique n’existe pas, ils n’ont rien à proposer au peuple. Dans ces conditions, il est normal que les citoyens se détournent de la chose politique et portent leur espoir sur n’importe quel beau parleur et surtout sur un individu ostentatoirement « riche », « généreux », n’appartenant à aucun parti donc supposé être neutre et peu enclin à la corruption, qu’importe sa vision de la gestion de l’État.

Malgré la crise sans précédent dans laquelle patauge le pays et qui pourrait conduire à sa disparition dans sa forme léguée par les pères de l’indépendance, on ne perçoit aucune amorce de la part des partis politiques de vouloir se concerter et de s’unir pour éviter ne serait-ce que la désintégration du pays. Du côté de l’armée, depuis 10 ans, la mode est de venir au pouvoir et d’envoyer des novices sur le théâtre des opérations. Délaissées, les populations n’ont d’autres alternatives de survie qu’en la signature d’accords léonins pour ne pas dire des accords de vassalité avec ces fous de Dieu, obscurantistes auxquels les forces armées ont ouvert des boulevards.

 On a beau être optimiste pour l’avenir de notre Maliba, mais en scrutant les comportements de la classe politique et des gradés de l’armée, qui semblent déconnectés des réalités du pays, il nous vient une question qui est refoulé dans notre subconscient et qui resurgit toujours : quel Mali aurons-nous dans un futur proche, dans les 10 à 12 mois à venir ?

…sans rancune

Wamseru A. Asama

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