Politique

Le président de la transition face aux magistrats : « Pas d’État fort sans une justice forte »

La rencontre s’est déroulée le lundi 14 septembre 2021 au palais de Koulouba en présence du ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux Mahamadou Kassogué, du président de la Cour suprême, Wafi Ougadeye et de plusieurs autres personnalités. Au-delà de son aspect de prise de contact, cette rencontre a été l’occasion pour le chef de l’État d’aborder avec ses interlocuteurs un certain nombre de problèmes qui se posent à l’appareil judiciaire de notre pays. Lesquelles tournent essentiellement autour de la sécurité dans les juridictions, du respect des décisions de la justice et de l’institution judiciaire dans son ensemble ainsi que de l’amélioration des conditions de vie et de travail des magistrats. S’y ajoute la question de la rallonge de l’âge d’admission à la retraite et des attaques « ciblées » contre la justice par certaines personnes.

Sur ce dernier point, le président de la Cour suprême a indiqué que son institution ne cédera pas devant des « élucubrations » de certains de nos compatriotes. D’après le haut magistrat, les personnes qui s’attaquent aux responsables de la Cour suprême, méconnaissent le fonctionnement de l’institution.

Car, argumentera-t-il, ni le procureur général ni le président de la Cour suprême ne peut prendre une décision sans avoir consulté le bureau de l’institution. Il a, par la suite, clarifié que l’organe qui décide à la Cour, est véritablement ce bureau dans son intégralité. Pour Wafi Ougadeye, la démocratie ne peut pas aller sans une justice forte et crédible qui joue pleinement son rôle. Il a ensuite déclaré que son institution ne faillira pas à sa mission, promettant qu’elle occupera totalement toute sa place.

En réponse aux préoccupations soulevées, le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme a assuré que des mesures sont en cours pour trouver des solutions aux problèmes afin de permettre à la justice de jouer pleinement le rôle qui est le sien dans la construction du pays. Concernant la sécurisation des juridictions, Mahamadou Kassogué a annoncé que des efforts sont en train d’être faits pour que « nous puissions avoir un nombre suffisant d’agents pour assurer la sécurité des juridictions et du personnel ».

Le chef de l’État et le ministre en charge de la Justice lors de la rencontre

S’agissant du respect des décisions de justice et de son indépendance, le Garde des Sceaux a signalé que les autorités sont résolument engagées pour y parvenir afin que l’appareil judiciaire retrouve ses lettres de noblesse. Comme illustration de cette volonté qui cadre avec l’idéal d’un Mali nouveau, le ministre Kassogué a mis en exergue les efforts consentis par les plus hautes autorités dans les affaires récentes, notamment celle qui a défrayé il y a peu la chronique suite à l’arrestation d’un porteur d’uniforme.

Abondant dans le même sens, le président de la Transition a promis que ces différentes difficultés seront étudiées afin d’y apporter des solutions idoines. Pour Assimi Goïta, le travail des magistrats demande qu’on les sécurise. « Nous allons mettre tous nos efforts, tout ce qui est possible, afin de vous mettre dans les conditions, vous permettant d’accomplir votre mission », a-t-il assuré.

Pour le chef de l’État, il y a deux grandes préoccupations auxquelles nous devons rapidement trouver des solutions : sécurité et justice. À ce propos, il dira que la stabilité du pays repose en partie sur la justice. « On a beau maintenir la sécurité, tant qu’il y aura l’injustice et l’impunité, nous allons toujours vivre les mêmes problèmes d’insécurité, voire du banditisme et du terrorisme », a averti le chef de l’État.

Parlant de la refondation de l’État, le président de la Transition a soutenu qu’il ne pouvait jamais avoir un « État fort » sans une justice forte, qui repose sur la qualité des hommes et des femmes qui l’animent. Sur la même lancée, le colonel Assimi Goïta a indiqué qu’il faut même refonder l’homme malien. Car, selon lui, tout ce qui est corruption passe par l’être humain.

Malheureusement, aujourd’hui, pratiquement, tous les secteurs de notre pays sont affectés et infectés par certains éléments corrompus, « prêts à vendre leur nation au profit de leurs intérêts personnels ». Raison pour laquelle nous avons besoin d’avoir des magistrats déterminés et engagés qui sont prêts à prendre des risques pour sauvegarder l’intérêt supérieur et celui de la nation, a exhorté le chef de l’État.

Revenant sur la question de la lutte contre la corruption et l’impunité, le colonel Assimi Goïta a assuré que cette initiative, qui a été déclenchée, sera menée sans état d’âme. Aussi, a-t-il a assuré ses interlocuteurs de son soutien total et de celui du gouvernement à aller dans ce sens. Il les a également exhortés à mettre de l’ordre dans le pays. En outre, le colonel Assimi Goïta a invité les membres du Conseil supérieur de la magistrature à accompagner le processus de Transition pour sa réussite.

Source : Essor

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