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APRÈS LA DESTRUCTION DU DRONE MALIEN PAR L’ALGÉRIE : L’AES dénonce une agression et un parrainage du terrorisme

Dans la nuit du 31 mars au 1er avril 2025, un drone de reconnaissance des Forces Armées et de Sécurité du Mali (immatriculé TZ-98D) a été détruit à Tinzawatène, dans le cercle d’Abeïbara, région de Kidal. Ce que le gouvernement malien qualifie d’« acte d’agression prémédité du régime algérien » continue de susciter une onde de choc dans la région sahélienne et au-delà.

Dans un communiqué officiel n°073, publié le 6 avril, le Gouvernement de la Transition revient en détail sur les circonstances de la destruction de l’aéronef, affirmant que toutes les données de trajectoire confirment que le drone est resté strictement dans l’espace aérien malien. L’appareil, engagé dans une mission de surveillance, venait de transmettre des données indiquant la présence de terroristes de haut profil en réunion stratégique. Peu après, le contact est perdu et le drone s’écrase à la verticale, un scénario qui, selon les premières analyses, « ne peut s’expliquer que par une attaque au missile ».

Face à ces accusations, l’Algérie a répondu le 7 avril par un communiqué au ton particulièrement agressif. Non seulement Alger revendique l’acte, mais elle tente de le justifier en évoquant une « troisième violation de son espace aérien » sur une distance de 1,6 km, images radar à l’appui, selon ses dires. Elle accuse même le drone malien de « trajectoire offensive », sans toutefois fournir publiquement de preuve visuelle ou technique, se contentant de renvoyer à des données internes de son ministère de la Défense.

Un prétexte peu convaincant

Bamako rejette catégoriquement cette version, rappelant que le drone s’est écrasé à plus de 9 km à l’intérieur du territoire malien. Pour les autorités maliennes, cette attaque est non seulement injustifiable, mais révélatrice d’un comportement hostile délibéré : « Le régime algérien a tiré sur un drone malien en mission de surveillance anti-terroriste, violant ainsi le droit international et sabotant les efforts conjoints de sécurisation du Sahel », déclare le gouvernement.

L’Algérie, fidèle à sa rhétorique, tente de détourner l’attention en accusant le pouvoir de Bamako d’échec sécuritaire et de dérive autoritaire. Mais ces attaques verbales, loin d’affaiblir la position du Mali, soulignent davantage le malaise d’un régime de plus en plus isolé, qui semble redouter l’unité et l’autonomie croissantes des États du Sahel.

Riposte diplomatique

En réaction à ce que Bamako qualifie de provocation grave, le Gouvernement de la Transition a pris trois mesures fermes : convocation de l’ambassadeur d’Algérie, retrait du Mali du Comité d’État-Major Conjoint (CEMOC) basé à Tamanrasset, et annonce d’une plainte internationale pour acte d’agression caractérisé.

Le Collège des Chefs d’État de la Confédération des États du Sahel (AES) s’est lui aussi exprimé avec clarté, dénonçant une « tentative perfide de déstabilisation » et rappelant que, depuis décembre 2024, tout acte d’agression contre une force armée d’un État membre est considéré comme une attaque contre l’ensemble de la Confédération.

L’AES a ordonné le rappel immédiat de ses ambassadeurs en Algérie et prévenu que la lutte contre le terrorisme est une priorité existentielle que rien ni personne ne pourra freiner.

Des liens historiques piétinés

Cette crise brutale avec l’Algérie vient ternir des décennies de liens historiques, notamment l’aide apportée par le Mali à l’indépendance algérienne. Une ingratitude dénoncée sans détour par Bamako, qui accuse désormais Alger de parrainage actif des groupes armés terroristes, abrités ou soutenus depuis son territoire.

Des preuves de cette collusion sont de plus en plus visibles sur le terrain, notamment dans la tolérance manifeste des groupes armés à la frontière algéro-malienne, pendant que les FAMa poursuivent leur engagement au prix du sang pour sécuriser le territoire national.

Réponse militaire

Malgré cette provocation, le Mali ne baisse pas la garde. Quelques heures après la destruction du drone, les Forces de Défense et de Sécurité maliennes ont mené des frappes réussies contre plusieurs cibles terroristes à Tinzawatène, confirmant que le drone avait bien repéré une activité ennemie.

« Rien n’entamera la détermination des Forces de Défense et de Sécurité maliennes, sous le leadership du Président de la Transition, le Général Assimi GOÏTA », rappelle le gouvernement.

Dans un contexte où des puissances étrangères veulent encore peser sur les équilibres régionaux, l’unité de l’AES, la montée en puissance de ses armées, et la souveraineté de ses décisions stratégiques sont désormais des lignes rouges. Et si l’Algérie choisit d’emprunter le camp de l’ombre, celui des ennemis de la paix, elle en assumera les conséquences face à un Sahel qui ne reculera plus.

Oumar ONGOIBA

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