FORMATION DES FUTURS ACTEURS JUDICIAIRES SUR LES VBG : Une avancée majeure pour une justice inclusive au Mali


Samedi 19 juin 2025, l’Institut National de Formation Judiciaire (INFJ) a accueilli une session de formation à l’intention des auditeurs de justice et des greffiers en chef stagiaires, axée sur le nouveau Code pénal malien, avec un focus particulier sur les infractions liées aux violences basées sur le genre (VBG). L’initiative, tenue en partenariat avec l’ONG Inabel Handicap Mali et Avocats sans frontières Canada, s’inscrit dans une dynamique de renforcement des capacités des futurs acteurs du système judiciaire.
Le directeur général de l’INFJ, Dr Toubaye Koné, a salué l’importance de cette rencontre, rappelant que « les VBG détruisent des vies, sapent l’État de droit et perpétuent des inégalités ». Il a insisté sur le devoir de sensibiliser et de former ceux qui auront à juger et protéger.
Christian Diassana, président de l’ONG Inabel Handicap Mali, a rappelé l’engagement de son organisation fondée en 2017 à défendre les droits des personnes vulnérables, notamment en situation de handicap. Il a salué la présence émouvante de la fondatrice, Dieinaba Naillé Coulibaly, survivante de violences, qui a livré un témoignage fort : « Je suis debout, en situation de handicap, mais vivante. Le combat continue. » Et d’ajouter : « L’épanouissement des femmes victimes de violences, qu’elles soient conjugales, intrafamiliales ou communautaires, ainsi que celui de leurs enfants, est au cœur de notre mission. Car il n’est pas plus grand drame que celui d’une femme dont la dignité est réduite à la peur et à la souffrance. Il est de notre devoir de leur offrir un chemin vers l’autonomie, l’espoir, la résilience, et un avenir digne ».

Donhka Assoumou, représentante d’Avocats sans frontières Canada, a souligné les avancées du nouveau Code pénal adopté en décembre 2024, notamment la reconnaissance du féminicide, la criminalisation du harcèlement sexuel et l’interdiction de pratiques traditionnelles néfastes. Elle a appelé les stagiaires à devenir les « ambassadeurs » de cette nouvelle législation.
Enfin, Dr Boubacar Sidiki Diarrah, du SEGAL-UJDH, a présenté les efforts engagés par le ministère de la Justice pour adapter la législation aux réalités sociales et aux engagements internationaux, à travers le projet JUPACS. L’objectif est clair : offrir une justice plus équitable, plus humaine, et accessible à toutes et tous.
Cette journée de formation marque une étape essentielle vers une justice plus sensible au genre et aux réalités des plus vulnérables.
Oumar ONGOIBA



