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Transition au Mali : La CEDEAO garde la main

Une condition sine-qua-non pour la CEDEAO de lever les sanctions qui pèsent sur le Mali

Réunis en sommet à Accra le Samedi 20 Juin 2021, les chefs d’Etats de la CEDEAO se sont penchés sur la situation politique actuelle de notre pays. A l’issue de la rencontre, les responsables ont refusé de lever la mesure de suspension du Mali des instances de la CEDEAO ; sanction instaurée depuis le coup force orchestré par le Président Goïta et ses hommes.

Néanmoins, les chefs d’Etats de l’Afrique de l’Ouest ont salué des « évolutions positives » accomplis par les autorités de la transition, notamment la nomination d’un premier Ministre civil.

« À ce stade, bien qu’ils aient constaté des évolutions positives, ils ont estimé devoir maintenir la suspension, car ils veulent vérifier la solidité des progrès accomplis », a déclaré aux journalistes le président de la Commission de la CEDEAO, Jean-Claude Brou. « Les chefs d’État veulent davantage d’assurances sur ces progrès », a-t-il insisté.

Respectez les échéances électorales

Lors de son investiture en tant que nouveau président de transition, le 7 juin, le colonel Goïta a réitéré son engagement à organiser des élections en février 2022.

Mais cet engagement semble être mis en doute  aujourd’hui. Cela au regard des chantiers « superflus » annoncé par le gouvernement de Choguel Maiga où plusieurs militaires « putschistes » retrouvent des postes clé. A ce titre il faut rappeler que certains partis et regroupements politiques ont dénoncé l’attitude du nouveau gouvernement qu’ils suspectent de vouloir prolonger le délai de vie de la transition.

Compte tenus de cette situation aux contours flous, les chefs d’Etats de la CEDEAO entendent accélérer la mise en place d’un mécanisme qui permettra de contribuer au respect des échéances électorales. « Le mécanisme de suivi va permettre de travailler en étroite collaboration avec les autorités maliennes pour la mise œuvre de la feuille de route qui doit conduire aux élections », a poursuivi Jean-Claude Kassi Brou.

En clair il faut comprendre que la CEDAO va obliger les autorités en place à tenir promesse, c’est-à-dire, organiser coûte que coûte les élections présidentielle et législatives en février 2022 comme prévu.

Une sanction minimaliste susceptible d’être périlleuse

Lors d’un sommet régional extraordinaire tenu en fin mai, Shirley Ayorkor Botchwey, la ministre ghanéenne des Affaires étrangères avait déclaré « la suspension de la CEDEAO prend effet immédiatement jusqu’à la date limite de fin février 2022, date à laquelle ils sont censés passer le relais à un gouvernement démocratiquement élu. »

Il faut ainsi dire que cette sanction qui empêche le Mali de prendre part aux  différentes activités de la CEDAO jouent sur l’intérêt politique de notre pays, du point de vue sous régionale voire internationale.

A défaut de respecter les échéances électorales, disons que cette mesure risque de conduire le pays à un isolement progressif.

Ainsi, tout en invitant les autorités en place au respect desdites échéances électorales, le président ivoirien Alassane Dramane Ouattara a lancé un appel aux partenaires bilatéraux et multilatéraux du Mali pour accompagner ce pays qui traverse une crise sans précédent.

Oumar ONGOIBA

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