AES, le bloc insoumis : un bilan audacieux deux ans après sa création

Deux ans après la création de la Confédération des États du Sahel (AES), la présidence malienne s’impose comme un moment charnière, marqué par des choix audacieux, parfois à contre-courant, mais assumés au nom de la souveraineté, de la sécurité collective et de l’émancipation politique des peuples sahéliens. Loin des demi-mesures, le Mali, à la tête de l’AES, a engagé la Confédération sur une trajectoire nouvelle, fondée sur l’action, la cohérence et la rupture avec les schémas imposés.
Ce bilan audacieux se lit à travers des avancées concrètes dans la gouvernance, la défense, la diplomatie et le développement, traduisant la volonté commune du Mali, du Burkina Faso et du Niger de construire un espace confédéral maître de ses décisions et de son destin.
Une gouvernance confédérale assumée
L’un des actes fondateurs de la présidence malienne de l’AES a été l’adoption de la feuille de route de l’An 1 de la Confédération. Ce choix stratégique, loin d’un simple exercice administratif, relève d’une audace politique : celle de poser rapidement les bases d’un fonctionnement confédéral structuré, coordonné et orienté vers l’efficacité.
Dans la même dynamique, l’AES s’est dotée de symboles forts, actes hautement politiques dans un contexte sahélien marqué par les remises en cause identitaires et institutionnelles :
- un logo officiel et une devise fédératrice : « Un espace – un Peuple – un Destin » ;
- un drapeau confédéral, incarnation visible de l’unité et de la souveraineté ;
- un hymne, « Sahel Benkan », porteur de mémoire, de résistance et d’espérance collective.
Ces symboles traduisent l’audace de penser l’AES non comme une simple alliance conjoncturelle, mais comme un projet politique durable.
L’audace de l’intégration réelle
La présidence malienne a également fait le choix courageux d’aller au-delà des discours en lançant des instruments concrets d’intégration :
- le passeport biométrique commun AES ;
- la carte d’identité biométrique commune.
Dans un contexte sécuritaire sensible, cette orientation relève d’un pari audacieux : concilier sécurité renforcée et libre circulation des personnes et des biens, condition indispensable à l’émergence d’un véritable espace confédéral.
L’audace de l’unité face à la menace
Face au terrorisme et à l’instabilité, l’AES, sous présidence malienne, a fait un choix clair : l’unité opérationnelle. Le pilier Défense et Sécurité illustre l’un des aspects les plus audacieux du bilan :
- mise en place d’une force unifiée ;
- opérations conjointes sur le terrain ;
- neutralisation de plusieurs chefs terroristes ;
- sécurisation renforcée de la zone des trois frontières ;
- formation et entraînement adaptés aux réalités du combat asymétrique.
Ces décisions traduisent une rupture assumée avec les dispositifs fragmentés du passé et affirment la volonté de reprendre le contrôle sécuritaire de l’espace sahélien.
Diplomatie
Sur le plan diplomatique, l’AES a osé rompre avec la dispersion. Sous la présidence malienne, les trois États membres ont fait le choix stratégique de parler d’une seule voix, renforçant leur crédibilité et leur poids sur la scène internationale.
Des démarches communes ont été engagées auprès d’organisations et de partenaires, tandis que la mise en place des sessions confédérales des parlements marque une avancée institutionnelle audacieuse vers la légitimation démocratique de la Confédération.
L’audace de l’autonomie économique
Le bilan audacieux de la présidence malienne se manifeste avec force dans le pilier Développement :
- création d’une Banque confédérale d’investissement et de développement, dotée d’un capital initial de 500 milliards de FCFA ;
- instauration d’un prélèvement confédéral, choix courageux pour financer les ambitions communes ;
- transformation de l’ALG en Agence d’exécution des projets et programmes de l’AES.
À cela s’ajoutent des projets structurants (compagnie aérienne, chemins de fer, routes, énergie, agriculture), traduisant l’ambition audacieuse de bâtir une économie confédérale intégrée et souveraine.
L’audace de maîtriser le récit
Consciente que la souveraineté passe aussi par la maîtrise de l’information, la présidence malienne a impulsé :
- la Radio “Daandè Liptako, la voix du Liptako” (Ouagadougou) ;
- la Télé AES (Bamako) ;
- le projet d’une Agence de presse AES (Niamey).
Ces outils traduisent l’audace de construire un récit sahélien par les Sahéliens, pour les Sahéliens.
Souveraineté en construction
La présidence malienne de l’AES laisse un bilan audacieux, marqué par des choix forts, parfois risqués, mais assumés. Elle a contribué au renforcement tangible de la souveraineté de la Confédération des États du Sahel, tout en consolidant la résilience, la résistance et le patriotisme des peuples de l’AES.
Dans un contexte international instable, cette audace apparaît moins comme une option que comme une nécessité historique. L’AES avance désormais portée par une conviction : un espace, un peuple, un destin.
Oumar ONGOIBA



