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VIH au Mali : vers une riposte souveraine et durable

Lundi 1er décembre 2025, le Centre International de Conférences de Bamako (CICB) a abrité la cérémonie de célébration de la Journée mondiale de lutte contre le SIDA. Placée sous le haut patronage de Son Excellence le Général d’Armée Assimi GOÏTA, Président de la Transition, Chef de l’État, la cérémonie a été présidée par le Ministre, Secrétaire général de la Présidence de la République, Dr Alfousseyni DIAWARA. Il avait à ses côtés le ministre de la Santé et du Développement social, le Colonel-major Assa Badiallo TOURÉ ; Dr Issiaka Moumine KONE, Secrétaire exécutif du HCNLS ; les membres du gouvernement ainsi que plusieurs personnalités du monde de la santé.
L’édition 2025 est placée sous le thème national : « SIDA : crise du financement extérieur, une opportunité pour promouvoir la souveraineté », et le thème mondial : « Surmonter les perturbations, transformer la riposte au SIDA ».

Chaque 1er décembre, notre pays s’unit à la communauté internationale pour dresser le bilan, honorer la mémoire des disparus et renouveler la solidarité envers les personnes vivant avec le VIH. Cette journée est un moment de souvenir, d’actions et surtout d’engagement pour un avenir sans sida.
Le ministre de la Santé et du Développement social, le Colonel-major Assa Badiallo TOURÉ a rappelé qu’au Mali, les estimations de la prévalence étaient de 0,85 % en 2024 chez les personnes âgées de 15 à 49 ans.
« Selon les tendances, notre pays reste encore au stade d’épidémie généralisée. Toujours en 2024, d’après notre rapport annuel et comparé à l’objectif mondial fixé à 3,95, le Mali a enregistré 70,4 % de personnes connaissant leur statut sérologique, 73 % de personnes vivant avec le VIH recevant un traitement antirétroviral et 60 % des personnes sous traitement ayant une charge virale supprimée. Ces progrès résultent de plusieurs actions : élaboration de documents normatifs, décentralisation des soins, renforcement du plateau technique avec des outils diagnostiques de dernière génération », a-t-elle expliqué.
Elle s’est dite confiante quant aux résultats futurs de ces efforts, qui permettront de consolider durablement les acquis en vue de déclarer, dans un bref délai, l’élimination du VIH comme problème de santé publique au Mali.
« Cela est possible si nous faisons face ensemble aux défis, avec de nouvelles stratégies éprouvées, des financements endogènes et la compréhension réaliste de nos partenaires techniques et financiers. J’ai une pensée sincère pour toutes les personnes et familles infectées et affectées par cette maladie.
Ensemble, œuvrons pour un Mali juste, solidaire, réconcilié, apaisé, résilient, souverain et sans sida », a-t-elle souhaité.
Selon Dr Issiaka Moumine KONE, Secrétaire exécutif du HCNLS, la lutte contre le VIH n’est pas seulement un combat sanitaire, mais aussi un combat pour la dignité, la justice sociale et la souveraineté nationale.
Sous l’impulsion du Président de la Transition, « nous ne ménageons aucun effort pour répondre aux fluctuations internationales. À nos partenaires techniques et financiers, je dis que votre appui est précieux. Nous vous invitons à accompagner le Mali en alignant votre soutien sur nos priorités nationales, nos investissements structurels et en favorisant le transfert de compétences et de technologies pour renforcer notre souveraineté.
Aux investisseurs et au secteur privé malien, j’adresse un appel : investir dans la santé n’est pas seulement un acte de responsabilité sociale, c’est un investissement dans le capital humain, la productivité et la stabilité de notre pays. Rejoignons-nous dans cet effort national à travers des contributions structurées et des partenariats productifs.
La conjoncture nous oblige à être audacieux. La perturbation est une épreuve, mais sa transformation est notre choix. La dépendance financière était une étape ; la souveraineté est notre destination. Transformons ensemble cette crise du financement en une opportunité pour le Mali », a-t-il conclu.
Pour sa part, le Ministre, Secrétaire général de la Présidence de la République, Alfousseyni DIAWARA, a salué les progrès considérables réalisés par le Mali dans la lutte contre le VIH.
« Bien que notre pays reste à faible prévalence, l’épidémie demeure concentrée au sein de groupes vulnérables, exigeant une vigilance constante. Nous pouvons collectivement nous féliciter de l’efficacité de la réponse nationale », a-t-il déclaré.
Il a souligné que depuis 2010, les avancées sont significatives : réduction de la prévalence : le taux chez les adultes est passé de 1,3 % à 0,8 %, et à 1 % chez les femmes ; baisse de la mortalité : les décès liés au sida ont diminué de 40 % ; recul des nouvelles infections : celles-ci ont été presque divisées par deux.
« Surmonter les perturbations, c’est repenser notre manière d’agir. Le VIH ne se combat pas seulement dans les hôpitaux, mais aussi dans les écoles, les familles et les communautés. Notre réponse doit être résiliente, inclusive, équitable et efficace. Nous devons renforcer les capacités locales, encourager la recherche, améliorer la logistique et garantir la disponibilité des antirétroviraux.
Aucune transformation durable n’est possible sans les communautés. Les associations de personnes vivant avec le VIH, les femmes, les jeunes, les leaders religieux et traditionnels sont au premier rang de la riposte. Leur engagement est le moteur du changement », a-t-il insisté, invitant les acteurs de la lutte à poursuivre leurs efforts pour une réponse humaine et durable.
« Le VIH n’est pas une fatalité, c’est un défi collectif qui demande unité, courage et responsabilité. Le Mali a déjà prouvé sa capacité à surmonter les épreuves. Aux jeunes filles et garçons du Mali, je lance un appel : protégez-vous, informez-vous, dépistez-vous ; vous êtes l’avenir de ce pays », a-t-il affirmé, avant de déclarer ouverte la Journée mondiale et les activités du mois de lutte contre le sida, édition 2025.
Hawa Niangaly

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